L’océan joue un rôle central dans la régulation du dioxyde de carbone (CO₂) atmosphérique, mais la caractérisation des variations à fine échelle de la pCO₂ des eaux de surface et des flux de CO₂ air-mer demeure un défi technique. Dans le cadre de la thèse de Yongyong Hu, le groupe DFG a développé, en collaboration avec Patrick Augustin et Marc Fourmentin, une plateforme de détection optique compacte et très sensible pour mesurer en temps réel le CO₂ dissous et les échanges de CO₂ air-mer avec une haute résolution temporelle et spatiale.
Soutenues par le programme du navire de recherche *Sepia II* (CNRS-INSU), des campagnes en mer ont été menées dans la Manche durant l’été et l’hiver 2025, dans des conditions marines réelles. Les mesures ont révélé des gradients marqués de pCO₂ dissoute entre la zone côtière et le large, ainsi qu’une augmentation saisonnière prononcée, en bonne cohérence avec les observations de la base de données SOCAT pour la période 2020-2025. La combinaison des mesures de pCO₂ et des observations de la vitesse du vent a également permis d’estimer les flux de CO₂ air-mer. En hiver, les eaux côtières ont agi comme une source nette de CO₂, avec des flux représentatifs de 1,12 et 0,21 mmol m⁻² j⁻¹ relevés sur deux sites de suivi.